Depuis un mois je ressens tellement de bonheur dans mon coeur que cela m'effraie, avez-vous déjà ressentie ce sentiment ? En effet depuis le 8 juillet nous vivons dans notre maison à la campagne. Autour de moi se dresse la campagne à perte de vue, notre jardin n'est pas clôturé et j'aime que mon regard se perde entre l'herbe sage et tondue de notre maison et celle sauvage qui plie sous le vent juste un peu plus loin. Je chérie ce soleil couchant qui joue avec l'ombre des bottes de paille qui attendent silencieusement d'être ramassées, j'adore entendre le vent s'engouffrer dans les branches du tilleul que rien ne semble pouvoir faire plier, je m'amuse à voir Céleste courir dans le champs sauvage à côté de la maison et contempler des nuages de papillons et sauterelles s'envoler à chacun de ses pas pour retomber délicatement plus loin, je suis éprise de mes bottes que je peux porter à ma guise, du foin qui se coince dans mes longs cheveux, de la terre sur les joues rondes de ma fille et de son sourire, ici je peux être moi, nous pouvons être nous, j'aime regarder les poneys vivre paisiblement dans cette écurie où depuis toujours je me sens comme à la maison, là sur ma chaise en bois blanc je me passionne parfois à ne rien faire, juste à regarder autour de moi... et à ce moment là je savoure la chance que j'ai d'être là, de pouvoir poser mes yeux sur cette maison en me disant qu'elle abrite en ses murs notre famille, loin du monde qui va vite, loin de toute violence ordinaire, elle est comme un écrin précieux dans lequel je sais que je trouverais toujours la paix, la sérénité, le bonheur et l'amour aussi longtemps que nous aurons la chance d'être ici. Ici où mes rêves rebondissent dans mon coeur, où je ne cesse d'imaginer mes rêves de maison Anglaise prendre vie, je souhaiterai des rosiers par ici, une allée de fleurs par là, une vieille charrette en bois pour faire un bosquet de fleurs, des pierres dessinant un sentier, un banc en bois d'un côté, un potager de l'autre avec un épouvantail digne des dessins de Béatrix Potter, d'une cabane à insectes, d'une maison pour les oiseaux, de poules, oies et même d'un mouton... il me tarde les jours paisibles où l'intérieur de la maison sera enfin terminée afin que je puisse pleinement profiter des coins ombragés de mon jardin pour broder tout en buvant mon thé...  

 

 Lili Célestine           
 

 


 

 


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